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SHAOLIN KUNG FU

Le Kung-Fu Shaolin est aujourd'hui mondialement connu et reconnu. Considéré comme l'ancêtre de tous les Arts martiaux, plongeons nous dans l'histoire passionnante des Arts martiaux de Shao Lin...

Qu'est ce que le Kung-Fu ?

Il est coutume de désigner les Arts martiaux, notamment chinois, par le terme "kung-fu", terme popularisé par Lee Jun Fan/Lee Xiao Long (plus connu sous le nom de Bruce Lee), dans les années 1960. Cependant, et bien qu'internationalement usité, le terme "kung-fu" ne signifie pas "Art martial", et n'a littéralement aucun rapport avec les Arts martiaux. Cette notion a été popularisée par Bruce Lee pour l'idée qu'elle traduit, et non pas par pour le chemin qu'elle emprunte...

 

Le terme de "kung-fu" n'existe tout d'abord pas. Le véritable terme est "gong-fu" (功夫) et signifie littéralement "travail personnel" ("gong" = "travail" ; "fu" = "personnel"). Ceci étant, il faut entendre ce concept à son second sens, signifiant le développement personnel à travers une longue pratique. En d'autres termes, le "gong-fu" désigne donc la réalisation de soi à travers l'acquisition d'une pratique, menant l'individu vers une forme d'épanouissement.

 

En entendant ainsi ce concept, n'importe quelle longue pratique amenant à maitriser une discipline tend alors vers le "gong-fu". Un pianiste ayant passé des centaines d'heures d'entrainement sur son instrument, tentant à chaque instant de repousser ses propres limites, a ainsi développé un bon "gong-fu". Et ceci transparaitra à travers sa façon de toucher l'instrument, de déplacer ses mains sur le clavier, de ressentir ce que seul le virtuose de l'Art peut saisir... De même, le peintre maniant son pinceau comme un Maitre aura un bon "gong-fu", ainsi que le boucher sachant parfaitement manier son couteau, ne touchant jamais l'os... Ou encore le cuisinier sachant, à force d'une longue pratique, marier les ingrédients de sa cuisine comme personne, au point de faire naitre de nouvelles saveurs gustatives et olfactives à partir de rien...

 

Tout individu pratiquant intensément une discipline l'amenant à développer des habiletés particulières aura alors un bon "gong-fu".

 

Et le "gong-fu" n'est rien d'autre que cela !

Le fruit d'un long travail permettant l'épanouissement d'un individu à travers sa discipline ; une discipline allant jusqu'à ne faire plus qu'un avec l'individu et amenant ce dernier à se surpasser grâce à la maitrise de celle-ci... Cette maitrise et ce qui en découle, c'est ça le "gong-fu" !

 

Gong-Fu Wu Shu

Si l'on peut dire d'un musicien, d'un boucher, d'un peintre, d'un calligraphe, d'un électricien ou d'un plombier qu'il possède un bon "gong-fu", qu'en est-il alors dans le monde martial ?

 

Dans les Arts martiaux, la notion de "gong-fu" tend vers cette même idée qu'est la pratique d'une discipline menant vers une forme d'épanouissement à travers la maitrise de ladite discipline. Ainsi, le concept de "gong-fu" appliqué aux Arts martiaux désignera le développement personnel à travers une pratique particulière, l'Art martial.

 

Attention donc si vous allez un jour en Chine pour pratiquer les Arts martiaux, car si vous parlez uniquement de "gong-fu", on ne vous comprendra pas ! Le terme chinois signifiant "Arts martiaux" est "Wu Shu" (武术), "Wu" signifiant "la guerre" et "Shu", "l'Art". Le "Wu Shu" est donc l'Art de la Guerre, ou l'Art martial. C'est pourquoi, il convient, lorsque l'on souhaite parler adéquatement d'Arts martiaux, de parler de "Wu Shu" plutôt que de "Gong-Fu". Mais, si l'on recherche plus dans la pratique des Arts martiaux une forme de développement personnel plutôt que faire la guerre, le mieux est alors de parler de "Gong-Fu Wu Shu", soit la recherche du développement personnel et de l'amélioration de soi à travers la pratique des Arts martiaux...

"Art" martial

Comment peut-on concevoir le fait qu'une technique guerrière puisse être un Art ? Un Art est une forme d'expression personnelle. Un musicien jouant de son instrument ou un peintre laissant son pinceau se déplacer sur la tableau s'expriment à travers leur pratique, tout en créant des émotions à travers ce qu'ils font. Ils apprennent tout d'abord à maitriser leur discipline, puis peuvent ensuite s'exprimer librement à travers elle. Ce sont des artistes.

 

Mais en quoi les techniques guerrières peuvent-elles donc s'apparenter à cela ?

 

Les Arts martiaux (non pas les sports de combat) peuvent être qualifiés d'Arts car ils empruntent la même voie. Le pratiquant apprend tout d'abord la technique, puis une fois cette dernière acquise, il pourra s'exprimer librement à travers celle-ci, à travers chaque mouvement et sa façon de faire lui sera personnelle, unique ... L'Art vise la dimension spirituelle des techniques guerrières mais aussi la connaissance des autres, de soi-même, de la vie et du monde, et ne peut être ôté de ces dernières sans ôter l'essence-même de la pratique martiale. En cela, l'Art est intrinsèquement lié à la notion de Gong-Fu.

 

Je vous invite, pour plus de détails sur cette idée, à lire le très bon livre de Bruce Lee, Le Tao du Jeet Kune Do.

Shao Lin Gong Fu

Revenons maintenant au concept de Gong-Fu.

 

Selon mes précédents raisonnements, ce que l'on désigne par l'appellation de "Kung-Fu Shaolin", ou plus rigoureusement par "Shao Lin Gong-Fu", est la recherche du développement personnel à travers la pratique des techniques de Shaolin.

 

Qu'est ce que Shao Lin ?

 

Shaolin désigne un "Wu Shu", un Art martial, né dans un monastère chinois situé dans une forêt que l'on appelle "Shao Lin", "Shao Lin" signifiant littéralement "jeune/petite forêt" (certains auteurs pensent que le terme de "shao" ferait ici référence au mont "Shaoshi", une des montagnes du Mont Song). Le monastère, ou temple de "Shao Lin" serait donc le temple de la jeune/petite forêt ou temple du Mont Shaoshi.

 

Dans ce temple s'est développé un Art martial, que l'on a appelé l'Art martial de "Shao Lin" ("Shao Lin Wu Shu"). Cependant, ses pratiquants étant des moines bouddhistes, pacifiques par nature, leur pratique des Arts martiaux n'a toujours eu qu'un seul but : le développement personnel, soit le développement du corps par le travail de l'esprit et le développement de l'esprit par le travail du corps ; et in fine, le "Gong-Fu".

Un peu d'histoire

L'histoire du temple de Shaolin et de ses moines-combattants a souvent été reliée à l'histoire des Arts martiaux, dans leur globalité, amenant souvent à penser que le temple de Shaolin est le berceau de tous les Arts martiaux.

 

Qu'en est-il ?

"Tous les Arts martiaux sont nés sous le ciel de Shaolin"

 

Si l'on en croit ce célèbre proverbe, le temple Shaolin serait l'origine de tous les Arts martiaux. Revenons donc sur l'histoire du fameux monastère...

 

Le temple de Shaolin a été construit en 495 de notre ère, lors de la dynastie Wei (de 386 à 581 après Jésus Christ) sur la montagne Song (Songshan), dans la province du Henan en Chine. L'histoire nous compte que le temple aurait été construit sur ordre de l'empereur Xiao Wen, en l'honneur du moine indien Ba Tuo, aussi connu sous le nom de Da Mo ou encore, Bodhidharma. Ce moine serait venu d'Inde afin d'enseigner le bouddhisme Chan (connu au Japon sous l'appellation de bouddhisme Zen) et rencontra des moines, à Shaolin, en très mauvaise santé, cela à cause de leurs longues heures de méditations. Da Mo leur enseigna alors quelques exercices leur permettant d'entretenir leur santé et leur forme physique (ce que l'on appelle aujourd'hui le qigong, le travail de l'énergie ("qi" = "énergie" ; "gong" = "travail"). Les moines chinois auraient alors très rapidement développé une très bonne forme physique et une excellente santé.

 

Parallèlement, les moines auraient également constaté que leur force croissait de façon exponentielle grâce à la pratique régulière des exercices que leur aurait légué Da Mo. Forts de cette constatation, les moines continuèrent alors de pratiquer régulièrement ces exercices en plus de leur méditation journalière, et développèrent sur cette base de nombreux autres exercices. De là serait né le gong-fu.

 

 

Depuis ce jour, le temple de Shaolin est considéré comme le berceau des Arts martiaux et du bouddhisme Chan.

La légende nous enseigne que par la suite, les moines devinrent de véritables experts dans leur Art qui leur procurait en plus de la santé, vitesse, force, équilibre, tonicité, puissance, souplesse, etc.

 

Ces derniers s'inspirèrent de surcroit des animaux, tentant de développer leurs points forts. Ils imitèrent ainsi le tigre afin d'en percevoir sa force, le léopard pour son agilité, le serpent pour sa vitesse, etc. D'années en années, et de siècles en siècles, les moines développèrent cet Art à son apogée.

 

Ils pratiquaient également leurs techniques avec les ustensiles qu'ils pouvaient trouver ici et là, comme un balais, un bâton, des instruments agricoles, etc. Tout cela les amena à créer un système d'autodéfense fondé sur leurs exercices quotidiens, le Shaolin Quan (Quan = boxe, poing (prononcer "t'chuan")). De toute évidence et, étant des moines, ils ne recherchaient pas le combat en pratiquant leur technique, mais comme Sun Tzu le disait si bien dans son ouvrage L'Art de la Guerre, "Qui veut la paix prépare la guerre". En effet, les brigands n'attaquent pas les forts mais les faibles ; la pratique de ces techniques permettait donc aux moines de garder à distance de possibles attaquants à une époque de guerres perpétuelles et de se protéger lorsque des brigands attaquaient le temple...

Tous les historiens ne sont évidemment pas en accord avec la légende de Shaolin. Pour certains, il est probable que le bouddhisme Chan se soit développé au fur et à mesure des années, à Shaolin mais aussi ailleurs, sans pour autant provenir uniquement de l'enseignement de Da Mo. D'autres prétendent que Da Mo n'est pas le déclencheur dans la création des premières techniques de qigong à Shaolin. D'autres enfin, pensent que les Arts martiaux étaient tout autant pratiqués en Chine au Vème siècle à Shaolin qu'ailleurs... Il existe beaucoup de spéculation, tant de la part des adorateurs de la légende que des historiens, et il est difficile de séparer le vrai du faux. Toutefois, aucun écrit ne va à l'encontre d'un moine indien venu à Shaolin au Vème siècle. Aucun écrit ne va non plus à l'encontre de la pratique intensive des Arts martiaux à Shaolin il y a 1500 ans de cela.

 

Et la renommée de Shaolin ?

 

La renommée des Maitres de Shaolin et de leurs Arts martiaux s'est ensuite faite par la force des choses. Dès la dynastie Tang (de 618 à 907 après Jésus Christ), les moines-combattants durent défendre le temple face à l'attaque de brigands, notamment en 610 et en 621, ce qui mit fin à la Bataille de Hulao, sonnant la défaite de Wang Shichong. L'empereur Tang remercia alors les moines en agrandissant le monastère, ainsi qu'en leur autorisant à entrer dans l'armée chinoise.

 

D'autres histoires narrent également les combats des moines pour défendre les opprimés et le pays, sans que nous ne pouvions disposer de la globalité des sources. Cependant, il est certain que les moines-combattants, ou plutôt les moines-guerriers de Shaolin, utilisèrent à maintes reprises leurs techniques lorsqu'ils jugeaient une cause juste. Les moines n'utilisaient néanmoins pas ou peu d'armes, et évitaient autant que faire se peut d'avoir à tuer un adversaire, car cela va à l'encontre du bouddhisme Chan. Pour cette raison, le bâton de Shaolin est devenu leur arme de prédilection. Elle leur permettait de tenir les ennemis à distance et de les combattre, sans pour autant leur ôter la vie.

 

Les divers combats qu'ils menèrent leurs ont ainsi assuré une place dans la légende, ces derniers étant perçus comme les plus grands Maitres et experts des Arts martiaux.

 

Ce faisant, des personnes de toute la Chine venaient à Shaolin pour tenter d'y apprendre leurs fameuses techniques reposant sur un entrainement draconien très poussé. Certains styles et techniques se développèrent hors du temple à travers toute la Chine et Shaolin fut une source intarissable pour la croissance des Arts martiaux dans l'Empire du Milieu.

 

De nos jours, nombreux sont les styles d'Arts martiaux qui revendiquent leur paternité à Shaolin, afin d'asseoir la toute-puissance de leur savoir.

 

Le monastère de Shaolin fut détruit de nombreuses fois durant son histoire, particulièrement par les empereurs ou autres généraux effrayés par la force des moines du célèbre temple. Heureusement, le temple fut à chaque fois reconstruit.

Shaolin aujourd'hui

Malgré de nombreux obstacles durant son histoire, le temple de Shaolin a toujours survécu. Il est vrai que les nombreuses destructions du temple ont été à l'origine de la perte de nombreux documents et savoirs, mais l'essentiel perdure et survie encore et toujours, à travers la transmission orale du savoir que pratiquent les moines.

 

Outre les attaques des siècles passés, le XXème siècle fut également terrible pour Shaolin. En effet, le monastère de la jeune forêt dû affronter la mondialisation économique, ainsi qu'un gouvernement chinois atypique, qui chercha à plusieurs reprises à contrôler le temple et ses activités. Quant aux guerres du siècle passé, elles firent des ravages en Chine, et Shaolin ne fut pas épargné. En 1928, le temple fut incendié pendant 40 jours, ce qui détruisit plus des 3/4 du temple. En 1966, lors de la Révolution culturelle, les gardes rouges attaquèrent le temple. Ce dernier fut ensuite laissé à l'abandon pendant plusieurs années. Sa réouverture officielle aura lieu en 1981, et le Shaolin Quan sera remis à l'honneur. Les moines du temple effectueront alors de nombreuses démonstrations afin de promouvoir leur Art auprès du grand public. Leurs démonstrations d'un très haut niveau leur assureront à nouveau la renommée qu'ils avaient connu par le passé. Shaolin ressuscita ainsi de ses cendres...

 

Shaolin, entre tradition et business ?

 

De nos jours, il est difficile de vivre hors du libre marché, de la recherche du profit, de l'argent, des banques, etc. Et cela est également vrai pour des bouddhistes. Le temple est aujourd'hui la proie de milliers de touristes. Ce sont en effet les visites du temple qui permettent aux moines de vivre. Les temps changent, et Shaolin doit s'adapter, sous la garde du responsable Shi Yong Xin, qui gèrent le temple tant en moine qu'en manageur. Néanmoins, il permet le développement du Wu Shu et la survie du temple. Quant aux moines guerriers, ils sont toujours là, et continuent de pratiquer leurs techniques intensément, chaque jour, sans tomber dans le mal omniprésent qui ronge incessamment notre société...

Shaolin Quan Fa

Les techniques de combat de Shaolin, Shaolin Quan Fa (Quan = boxe ; Fa = méthode), sont diverses et variées. La pratique des moines guerriers s'organise autour de techniques de renforcement, d'étirement, et d'une façon plus générale, de préparation physique et mentale lors des premières années de pratique, de manière à préparer le corps et l'esprit à l'entrainement Shaolin. Par la suite, les moines travaillent des exercices de bases (ji ben gong) ; il existe 18 exercices classiques, et des centaines d'autres. Lorsque ces exercices de préparation au Wu Shu sont maitrisés, les moines étudient des Dao Lu. Il s'agit de formes codifiées de mouvements ; chaque forme développant diverses habiletés martiales comme la souplesse, la tonicité, la force, l'équilibre, etc. Il existe des formes traditionnelles, mais également des formes dites zoomorphiques (s'inspirant du comportements des animaux afin d'en saisir leur force), et des boxes comportementales, comme la boxe de l'homme ivre. Chaque forme, en plus de développer de nombreuses habiletés, est constituée de techniques de combat. Chaque mouvement représente une défense face à une attaque, et tous ces mouvements cachent de surcroit de multiples applications martiales.

 

Au delà de ça, les moines travaillent également des formes avec armes. Il existe là encore 18 armes de bases (comme le bâton, la lance, la sabre, l'épée, les demi-lunes, les doubles-crochets, la hallebarde, le tri-bâton, la chaîne à neuf sections, etc.), et des dizaines d'autres...

 

Les moines pratiquent également d'autres disciplines, comme les techniques de gymnastiques, la boxe, etc. De plus, les moines s'entrainent aussi au qigong et aux Arts martiaux internes, pratiquent la méditation afin d'entrainer l'esprit, etc.

 

Leur entrainement est journalier et dure entre 6 et 8 heures. En général, les moines se lèvent au lever du soleil, qui avoisine en été les 4h30 et s'entrainent jusqu'à midi. Ils se reposent ensuite jusqu'à 15 ou 16 heures et reprennent l'entrainement jusqu'au soir.

 

L'invasion estivale de touristes a ralenti leur rythme d'entrainement, mais les moines s'entrainent toujours très durement. Leur entrainement est d'ailleurs réputé pour être un des plus difficiles au monde...

 

Notons que tous les moines ne pratiquent pas les Arts martiaux, certains sont seulement bouddhistes, d'autres pratiquent la médecine ou la calligraphie, d'autres, plusieurs disciplines. Il existe environ 120 vrais moines guerriers à Shaolin...

 

Shaolin et le Wushu moderne

Ce que l'on appelle "Wushu Moderne" n'est qu'une adaptation sportive des Arts martiaux chinois. Le siècle dernier, la Chine a mené une lutte sur tous les plans face aux autres pays, et plus particulièrement face aux Etats-Unis souhaitant dominer le monde, dans une société libérale ou seul le plus fort gagne.

 

Les sports n'ont pas manqué à cette règle et la Chine savait posséder un atout majeur : les Ars martiaux. Le gouvernement chinois essaya donc de développer un commerce autour de ces Arts. Un des objectifs : faire entrer leur discipline aux Jeux Olympiques. Cependant, et bien que possédant les Arts martiaux, la Chine ne possédait pas de technique principale à présenter ; les Arts martiaux chinois étant constitués de multiples styles disparates disséminés dans des milliers d'écoles. Elle décida donc de faire disparaitre tous ces Arts martiaux afin de les réunir dans un seul sport... Mais cette fusion inconsidérée détruisit la richesse et le patrimoine des Arts martiaux. La Chine tenta ainsi de mettre à mal une de ses possessions les plus précieuses, les Arts martiaux, qui faisaient sa grandeur...

 

Au surplus, la Chine instaura une dichotomie dans cette nouvelle pratique, facilitant l'acceptation de cette dernière en tant que sport structuré. En outre, elle divisa ce qu'elle avait retenu des Arts martiaux en deux : la technique, qui serait représentée par les formes codifiées de mouvements, et les techniques de combat, que l'on pratiquerait comme de la boxe. Elle s'empressa donc de sélectionner les plus beaux mouvements de chaque technique de combat pour créer de nouveaux enchainements de mouvements, non basés sur des applications martiales mais sur la beauté du geste. Sur cette base, le gouvernement chinois créa de nouvelles formes codifiées, dont les règles de présentation s'apparentaient à la gymnastique rythmique et à la danse. Cela "tua" de nombreux styles d'Arts martiaux et autres techniques de combat.

 

Le gouvernement chinois mis donc en place un nouveau sport, basé sur ces anciens Arts martiaux, sport composé de deux catégories, la partie technique, n'étant rien d'autre que de la gymnastique rythmique (se tenir la tête droite, sortir la poitrine, faire des acrobaties entre chaque mouvement, porter des habits brillants, pratiquer avec de la musique, etc.) et la partie boxe, appelée Sanda. Notant également que la partie technique était réservée aux femmes et la partie combat aux hommes.

 

La manœuvre du gouvernement chinois ne permit pas aux Arts martiaux chinois d'accéder aux J.O. mais eut de nombreuses conséquences. Beaucoup de personnes ne voient à travers le wushu moderne que de la danse, et assimilent les Arts martiaux chinois traditionnels à cela. Beaucoup de personnes se mettent également à cette pratique afin de reproduire ce qu'ils voient dans les films, pensant imiter Bruce Lee en faisant cela... Sans oublier que la plupart des clubs de wushu moderne rajoutent à leur style l'appellation "Shaolin". Ceci est un geste commercial et leur permet d'avoir de nombreux élèves croyant pratiquer le Kung-Fu Shaolin, alors que cela n'a rien à voir... Ces clubs enseignent même des formes de mouvements s'appelant "boxe de shaolin", "marche de shaolin", etc. Alors qu'il ne s'agit en rien de techniques provenant de Shaolin... Et nombreux sont aussi les instructeurs traduisant des noms chinois de boxe un peu comme ils l'entendent. Ainsi, la position assise devient "l'oiseau sur la branche...".

 

Au delà de ceci, ces formes sportives n'ont absolument plus rien de martial, et ont de loin perdu la substance-même des Arts martiaux...

 

Et le vrai Kung-Fu Shaolin ?

Le style Shaolin n'a pas disparu. Quelques écoles en France l'enseigne (une vingtaine), et en Chine, le temple Shaolin a enseigné ses techniques fondamentales aux écoles environnantes. Ainsi, des dizaines d'écoles d'Arts martiaux entourent le temple Shaolin dans la ville de DengFeng en Chine, enseignant les techniques rudimentaires des moines à des milliers d'élèves.

Ces écoles enseignent de différentes manières le style Shaolin, en bien, ou en mal... Certaines de ces écoles font d'ailleurs un véritable commerce avec le style Shaolin. Les instructeurs se déguisent en moines et enseignent le wushu à quelques groupes d'occidentaux venant chaque été et croyant s'entrainer dans la mecque du Kung-Fu... Et les dits pratiquant rentrent ensuite chez eux pensant avoir réalisé le véritable pélerinage à Shaolin, en s'étant entrainer dans une école s'appelant "l'école du temple", ou "l'école Shaolin", etc. Certains reviennent en France diplômés du "Shaolin Wushuguan", "ou de "la vrai école Shaolin" et se prétendent alors représentant de Shaolin... D'autres se prétendent même être devenu moine de Shaolin... Ce qui bien entendu est faux... Mais cela rapporte, tant à l'égo qu'au portefeuille...

 

La renommée de Shaolin a surpassé l'imaginable... Des producteurs ont même sélectionné de jeunes pratiquants chinois de wushu, leur ont rasé la tête et les ont habillé en moine Shaolin, afin de créer une troupe de démonstration parcourant les Zénith de France afin de faire découvrir au grand public... Les faux moines de Shaolin...

 

D'autres trouvent des volontaires chinois, les habillent en moines, et les mettent dans des spectacles de danse...

 

Bientôt des moines Shaolin chanteurs, électriciens, maçons, etc...

 

Pour conclure...

Le wushu moderne est une bonne chose pour le sport, même si cela tend quelques fois à empoisonner et dénaturer les Arts martiaux. Le business et l'appât du gain, omniprésents à notre époque, a également touché la Chine et Shaolin...

 

Cependant, le Véritable Esprit de Shaolin perdure dans l'enceinte du Temple, dans l'esprit de ses moines et dans l'esprit de toute personne luttant pour la perpétuation de ce savoir...

 

Le savoir est une arme puissante et doit être transmis ; seule l'éducation véritable peut permettre au monde de connaitre et d'évoluer... Transmettez l'histoire des Arts martiaux et celle de Shaolin, informez-vous et intéressez-vous...

C'est ainsi que le monde avance, et que l'Esprit de Shaolin pourra être perpétué à travers les Âges...

 

Quoiqu'il en soit...

 

Le temple Shaolin a survécu à 1500 d'histoire et survivra certainement à notre siècle.

 

Le monde évolue mais les moines restent fidèles à eux-mêmes, à leur tradition, et aux Arts martiaux...

 

"Huaying Shao Lin Si"